
Enquête École 2023 – 2024
Le CLTS-DS (Comité Local du Travail Social et du Développement Social), créé en 2019, est une instance co-portée par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, le CRPA (Centre Régional des Personnes Accueillies / Accompagnées) et la Croix-Rouge. Dans le cadre de ses réflexions autour de l’accompagnement social et de la participation des personnes concernées, le CLTSDS a organisé en 2022 une table ronde portant sur la participation des personnes accompagnées.
Face aux difficultés rencontrées pour exploiter et analyser les données issues de cette table ronde, le CLTSDS a sollicité le master MISS durant l’année universitaire 2023-2024 afin de réaliser une Enquête École. La commande avait pour objectif d’interroger la continuité des parcours dans l’accompagnement social à partir de quatre notions clés : le parcours, l’accompagnement, la participation ainsi que la coopération et la coordination entre acteurices.
Cette enquête visait également à mettre différents acteurices au même niveau — personnes concernées, travailleureuses sociaux·ales, étudiant·es et cadres du social — afin de favoriser le partage d’expériences et l’analyse collective des dynamiques sociales liées à l’accompagnement social.

Enquête École 2021 – 2022
L’Enquête École menée par la promotion M1 MISS 2021-2022 portait sur les expulsions locatives à Toulouse. Cette recherche a été commandée par la DDETS de Haute-Garonne afin d’amorcer une réflexion sur les raisons pour lesquelles les locataires ne se mobilisent pas sur les dispositifs mis en place, ainsi que sur les blocages institutionnels pouvant provoquer cette situation.
Cette enquête s’est déroulée entre septembre 2021 et mai 2022 et a mobilisé plusieurs étudiant·es du master afin de répondre à cette commande. Le travail a notamment consisté en un décryptage des dossiers traités par la DDETS. Au total, 158 dossiers datant de 2018 et 2019 ont été analysés et synthétisés par les étudiant·es.
L’étude montre notamment que l’ouverture des dossiers est, dans les trois quarts des cas, liée à des impayés de loyer. Le temps moyen de la procédure est d’environ 297 jours et, sur 123 dossiers clôturés, 56 % ont mené à une expulsion.
L’enquête a également été réalisée en collaboration avec la Fondation Abbé Pierre et le Master Urbanisme et aménagement de Paris Sorbonne. Elle repose sur six entretiens avec des locataires expulsés, trois rencontres avec des juristes et travailleurs sociaux ainsi que trois séances d’observation à l’ADIL 31.
Le travail a aussi porté sur le traitement administratif des dossiers à la DDETS. Les agents interrogés décrivent des cellules en sous-effectif et des pratiques de traitement parfois hétérogènes. Les étudiant·es préconisent notamment une amélioration de la collaboration entre les différentes missions de la DDETS.
Enfin, l’enquête s’est intéressée au fonctionnement de l’équipe mobile financée par la DDETS et composée de conseillères en insertion sociale et familiale salariées de l’association Le Relais, intervenant directement au domicile des personnes en procédure d’expulsion afin de proposer un accompagnement face aux difficultés financières rencontrées.

Enquête École 2018 – 2019
La recherche-action participative menée par des étudiant·es du master MISS entre juin 2018 et juillet 2019 porte sur les trajectoires professionnelles et le non-recours aux dispositifs d’insertion professionnelle des jeunes habitant ou ayant grandi dans le quartier prioritaire du Mirail à Toulouse. Cette enquête vise à éclairer le rapport qu’ont les jeunes en situation d’exclusion vis-à-vis des dispositifs d’accompagnement qui leur sont adressés.
La recherche a été co-portée avec des sociologues de la coopérative Scool, la Scic Les Imaginations Fertiles ainsi que le fablab Makers & Co. Les étudiant·es du master MISS ont collaboré avec des jeunes habitants du Mirail au sein du « collectif MIAOU Emploi ».
Le projet part d’un constat posé par les pouvoirs publics : de nombreux jeunes des quartiers populaires rencontrent des difficultés à intégrer le monde professionnel. Ils ne sont ni en emploi, ni en formation et ne s’engagent pas dans les dispositifs d’insertion vers l’emploi. L’objectif de la recherche est ainsi de comprendre les trajectoires des personnes habitant ou ayant grandi au Mirail, afin d’éclairer les conditions d’accès au marché du travail ainsi que les raisons du non-recours aux dispositifs.
Cette recherche s’appuie sur la méthode MIAOU (Méthode Itérative d’Analyse Orientée Usages), une méthode sociologique participative visant à associer les jeunes du Mirail aux différentes phases de l’enquête. Le travail d’enquête repose notamment sur 54 entretiens, des synthèses d’analyse, des ateliers de co-construction et des séances de travail collectives avec les acteur·rices impliqué·es dans la recherche.
Les analyses ont mis en évidence plusieurs éléments influençant les trajectoires de vie des enquêté·es : la persévérance, le rapport au quartier, le rapport au travail, le rapport à la scolarité, la place de la famille ainsi que la place des dispositifs d’accompagnement. L’enquête montre notamment que le quartier fait l’objet de préjugés et de discriminations et que les dispositifs sont parfois méconnus ou associés à une image négative.
Pour répondre aux problématiques soulevées par l’enquête, plusieurs solutions ont été proposées : rendre les dispositifs plus accessibles, visibles et transparents, améliorer les moyens accordés aux professionnel·les de l’accompagnement, développer des actions de médiation dans les quartiers ou encore proposer des emplois plus directs et accessibles en cas d’urgence.
Enfin, afin de valoriser cette recherche, l’équipe a proposé un jeu portant sur les trajectoires des jeunes en difficulté d’insertion professionnelle, dans le but de matérialiser les parcours recueillis et de favoriser une réflexion collective autour des situations étudiées.
