

Nous souhaitons vous présenter nos stages, mais surtout mettre en lumière les similarités et les différences que nous avons pu observer entre nos deux expériences. L’une de nous a fait son stage en laboratoire de recherche (LISST) et l’autre dans une structure de l’action sociale (Conseil Départemental).
Nos lieux de stage
Clémence : Je suis en stage au LISST (Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires) situé à l’UT2J, plus précisément au CERS (Collectif : Expériences Réseaux et Sociétés), dans le cadre d’une recherche de thèse sur la pénibilité du travail en EHPAD.
Colombe : Je suis en stage à Montauban, au service Enfance Famille du Conseil Départemental du Tarn-et-Garonne. Plus précisément, au sein du service jeunesse, auprès d’une éducatrice en charge de la coordination d’un dispositif expérimental pour les jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).
Nos sujets de mémoire
Clémence : Je m’intéresse aux conditions de travail en EHPAD et plus précisément, aux démarches QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail).
Colombe : Je m’intéresse à l’accès au logement des jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance.
Articulation de notre sujet de mémoire et notre stage
Clémence : Les deux sont très liés car mon mémoire et mon stage portent sur les conditions de travail en EHPAD. Dans mon stage, je mène des recherches dans un EHPAD sur les démarches QVCT. C’est un point positif d’avoir un sujet de mémoire et de stage complémentaire et qui se nourrissent l’un de l’autre. Dans mon stage, je construis un état de l’art et je mène des recherches de terrain (entretiens et observations) qui me sont aussi utiles pour le mémoire.
Colombe : Le fait d’être en stage au sein du Conseil Départemental me permet de comprendre avec finesse le fonctionnement de l’ASE du Tarn-et-Garonne. Je suis impliquée au plus près du dispositif expérimental qui représente un terrain de recherche particulièrement intéressant pour mon mémoire. Je peux être en observation participante tout au long du stage. Par ailleurs, être à l’ASE me permet un accès facilité aux jeunes sortis de l’institution pour des entretiens.
Nos recherches de stage
Clémence : Ma recherche de stage a été difficile, notamment à cause du changement de mon sujet de mémoire au début du M2. J’ai d’abord suivi les conseils donnés en cours en contactant des professionnel·les pour comprendre leurs problématiques. J’ai choisi d’élargir mes recherches en envoyant des candidatures spontanées dans des structures sociales, médico-sociales et médicales de Toulouse et des alentours qui travaillent auprès de personnes âgées ou des structures qui travaillent sur les conditions de travail. En février, je n’avais toujours pas de stage. C’est finalement grâce à l’intervention des enseignant·es du master MISS, en lien avec des chercheur·es du LISST, qu’une opportunité s’est présentée dans le cadre d’une recherche de thèse sur les conditions de travail en EHPAD.
Colombe : Lors de la restitution de l’Enquête École en M1, nous avons affiché des présentations sur nos projets de recherche respectifs. Le Directeur de l’Action Sociale Territorialisée du Tarn-et-Garonne qui était présent, m’a interpellé après avoir vu mon sujet de recherche. Il m’a parlé d’un dispositif dédié à l’accès au logement des jeunes sortant de l’ASE porté par le Conseil Départemental du Tarn-et-Garonne. A la rentrée du M2, j’ai contacté le Conseil Départemental pour un entretien exploratoire avec l’éducatrice coordinatrice du dispositif en question. Suite à cette rencontre, j’ai adressé une candidature de stage à la Direction Enfance Famille. Après un entretien, j’ai été prise en stage auprès de l’éducatrice coordinatrice.
Encadrement et accompagnement durant le stage
Clémence : Je fais un point tous les lundis avec mon référent de stage. Je suis en totale autonomie sur les recherches, l’organisation… Le point positif est que je suis encadrée par des sociologues qui m’aident sur l’aspect méthodologique, sur des questions par rapport à mon mémoire de recherche. J’ai aussi pu accéder à des conseils de leur part sur des méthodes d’analyse que nous n’avons pas apprises pendant le master (analyse quantitative, analyse des réseaux…).
Colombe : Nous faisons un point par semaine avec ma référente de stage. Elle se rend autant que possible disponible pour m’accompagner, même si elle est très prise par ses missions. Elle est soutenante dans l’accompagnement à mes missions de stage, pour autant elle ne m’accompagne pas sur les questions de méthodologie en sociologie. Elle m’apporte beaucoup d’éléments de compréhension sur le fonctionnement institutionnel et l’intervention sociale proposée aux jeunes.
Lieu de stage et terrain de recherche
Clémence : Mon lieu de stage se situe à l’UT2J mais le terrain de recherche est un EHPAD toulousain. Je suis beaucoup en télétravail ce qui est parfois difficile. Parfois, je viens à l’université pour travailler. Je suis autonome sur le terrain (EHPAD) et j’organise mes semaines comme je le souhaite pour faire les entretiens et observations.
Colombe : Mon stage se déroule à Montauban. Je prends quotidiennement le train pour me rendre au Conseil Départemental. Cela est parfois fatigant, mais facilement réalisable. J’ai un jour de télétravail par semaine. J’effectue mon terrain de recherche sur le territoire du Tarn-et-Garonne à dominance rurale. Via le stage, j’accède aux institutions du territoire.
Les compétences développées
Clémence : Dans ce stage je me perfectionne dans les compétences sociologiques (enquête de terrain). J’ai pu développer des compétences au sein de l’EHPAD dans lequel je mène ma recherche (de stage et de terrain de mémoire) comme fournir un document bilan à la fin du stage, ou encore apprendre à présenter le master dans le monde professionnel.
Colombe : Durant ce stage, j’approfondi mes compétences en enquête sociologique. Mais surtout, l’accès à une structure d’intervention sociale me permet d’affiner mon analyse des situations d’accompagnement social. Cela me permet aussi de m’approprier le langage et les codes du monde professionnel (communication professionnelle, prise de parole, rédaction d’un livrable, création d’outils professionnels…).
Création de réseau professionnel
Clémence : Par rapport à mes collègues de promo, je n’ai pas l’impression de rencontrer de nombreuses personnes, mais j’ai quand même pu rencontrer des structures travaillant sur les conditions de travail, des directions d’EHPAD, des associations de structures sociales et médico-sociales par exemple.
Colombe : J’ai rencontré beaucoup de structures partenaires intervenant de près ou de loin auprès des jeunes de l’ASE. Cela m’a permis de connaître le maillage associatif et institutionnel du territoire.
Perspectives professionnelles
Clémence : Je n’ai pas l’impression que le stage m’ait apporté davantage de perspectives que le master en lui-même. C’est selon moi une des limites d’un stage en laboratoire car on n’évolue pas dans une structure susceptible de proposer des débouchés directs, car je ne souhaite pas poursuivre en thèse. Cela dit, je rencontre tout de même des professionnels et des structures diverses.
Colombe : Pour le moment, je n’ai pas de perspective professionnelle au sein du Conseil Départemental ou auprès des structures partenaires. Pour autant, les rencontres et les échanges avec les professionnels me donnent des idées de structures susceptibles de recruter des profils issus du Master MISS.
Intérêt de recruter un stagiaire du MISS
Clémence : Durant mon stage, la directrice d’un EHPAD a valorisé ma présence. En effet, elle explique qu’un étudiant en master MISS, du fait de ses apports sociologiques, apporte un regard différent et un recul sur les activités de la structure.
Colombe : Pour une structure de l’intervention sociale, recruter un stagiaire MISS permet d’apporter un regard sociologique sur les tâches et missions portées par la structure. le stagiaire est au cœur de l’action, et a l’espace et le temps d’observer avec un regard extérieur.
La structure peut confier une mission spécifique au stagiaire. Pour ma part, j’ai effectué un état des lieux des besoins des jeunes majeurs concernant l’accès au logement et j’ai effectué une cartographie des dispositifs et structures existants pour accompagner les jeunes en Tarn-et-Garonne à ce sujet.
Quelques conseils qu’on peut vous donner pour vos futurs stages !
Il nous semble essentiel de choisir son lieu de stage en fonction à la fois de son sujet de mémoire et de ses perspectives d’insertion professionnelle. Si vous vous projetez dans le champ de l’intervention sociale, nous vous conseillons de vous orienter vers une structure de terrain. Si vous êtes davantage attiré·e par l’analyse sociologique ou la recherche, un laboratoire peut être plus adapté.
Nous conseillons aux étudiant·es de M1 de commencer à chercher un stage dès la première année, sans attendre le M2. Les démarches sont souvent longues et complexes. Il est important de bien comprendre les attentes des structures (ce qui suppose de les rencontrer en amont) et de savoir présenter clairement le master, très peu connu dans le milieu professionnel. Il est important d’être capable d’expliquer ce que l’on peut apporter dans une structure avec le master MISS.
N’hésitez pas à vous rendre directement dans les structures pour vous présenter, et à exprimer clairement votre recherche de stage, y compris lors d’entretiens ou de rencontres informelles dès la première année de Master.