Julie et Mélissa – Regards croisés sur la solidarité en matière de stage

Nous sommes deux étudiantes partageant un territoire de recherche commun et des thématiques proches ; avec des acteur·ices de la santé mentale à Montauban.
Cependant, nos approches diffèrent, tant dans le traitement de nos sujets que dans nos parcours respectifs. Nos lectures, nos expériences de formation et de stage témoignent de cette diversité.
À travers une carte mentale et une interview, nous mettons en lumière les points de convergence et de divergence de nos visions. Cette complémentarité s’est accompagnée d’une véritable solidarité, et nous réaliserons ensemble une restitution commune pour valoriser nos travaux et les résultats de nos recherches.


Ma recherche de stage a été relativement simple. Étant une ancienne éducatrice spécialisée à Montauban – territoire sur lequel porte mon mémoire – je disposais déjà de nombreux contacts et de plusieurs pistes possibles. Néanmoins, je souhaitais découvrir différents dispositifs d’accompagnement et rencontrer plusieurs partenaires. En échangeant avec ma directrice de mémoire, elle m’a orientée vers un stage en laboratoire de recherche. Cela m’a permis de me familiariser avec le monde de la recherche tout en ayant la liberté d’explorer plusieurs terrains pour mon mémoire.

Grâce à une connaissance du Master MISS, j’ai pu rencontrer un des animateurs de la structure que je visais pour mon stage. Je suis reconnaissante vis-à-vis de cette camarade (Julie) qui m’a mise en contact avec le Groupe d’Entraide Mutuelle pour adolescent.es. Son entraide m’a particulièrement touché. J’ai rencontré l’animateur socio-culturel lors d’une soirée stand-up à Montauban. Quand je suis arrivée en Master 2, j’ai mis un peu de temps à le recontacter, mais lorsque j’ai fait cette démarche, il en a immédiatement parlé aux personnes concernées. Un entretien avec la Présidente a été prévu pour discuter de ma thématique de recherche et de ce que je pouvais apporter au sein de la structure. Assez rapidement, j’ai reçu une réponse positive de la part de la Présidente ainsi que des jeunes. 


Mon mémoire porte sur l’influence des dispositifs d’accompagnement « hors les murs » sur les trajectoires individuelles de personnes vivant avec un handicap psychique. Les missions de mon stage ne sont pas directement liées à ce sujet. Au sein du laboratoire, je travaille sur des recherches documentaires autour des communications alternatives et je participe à la mise en œuvre d’un projet de recherche mené dans une Maison d’Accueil Spécialisée, centré sur “l’expérience de la mesure de protection”. Ce stage m’apporte une grande autonomie, notamment dans la gestion de mon temps et l’organisation de mes terrains pour la mémoire.

Mon sujet de mémoire sur ces deux années de Master porte sur “la vie affective et sexuelle des jeunes en situation de handicap psychique et/ou d’isolement social”. Depuis mon entrée dans ma structure d’accueil, j’ai des facilités à articuler mon sujet de mémoire et mon stage puisque les jeunes sont au courant de mes intérêts et me sollicitent régulièrement pour des entretiens. Il en est de même pour les professionnel·les de la structure qui m’accompagnent dans mes projets et m’aident à les coordonner. Pour pouvoir appuyer mes recherches, je réalise également de nombreux entretiens, méthode à laquelle nous avons été formés durant le master, avec des structures extérieures pour pouvoir alimenter encore plus mes recherches/résultats. Les différentes compétences développées au sein du Master MISS me permettent de mener à bien mon stage et de réaliser les différentes missions qui m’ont été confiées en amont (recensement…). 


« Cette expérience m’a donné des clés concrètes : des perspectives de financement, une meilleure compréhension des modalités de candidature… »

Oui, tout à fait. Ce stage m’a permis de découvrir de l’intérieur le fonctionnement d’un laboratoire de recherche et d’un programme scientifique. Je m’interrogeais sur la possibilité de poursuivre en thèse pour approfondir mon sujet de mémoire, et cette expérience m’a donné des clés concrètes : des perspectives de financement, une meilleure compréhension des modalités de candidature, et surtout, de nouveaux contacts dans le domaine. Cela m’a également aidée à cerner les attentes académiques propres au milieu de la recherche.

Le stage au sein de Groupe d’Entraide Mutuelle m’a permis en effet de me créer un réseau professionnel notamment grâce aux nombreux entretiens effectués. Cette mise en pratique de mes études se situant à Montauban m’a permis de faire un recensement des différents acteurs du territoire et d’aller à leur rencontre. Par conséquent, mon réseau professionnel s’est élargi puisque la plupart des personnes étaient curieuses de rencontrer une sociologue et étaient ravies qu’on s’intéresse à eux. En revanche, je ne pourrais pas dire actuellement que cela m’a ouvert des perspectives professionnelles. 


Je leur conseillerais avant tout d’avoir confiance en eux et de faire preuve de résilience. La recherche de stage, comme le stage en lui-même, comporte son lot d’obstacles, mais il faut apprendre à les contourner, à proposer des solutions et à valoriser l’ensemble de ses compétences. Je recommande aussi de ne pas hésiter à prendre contact avec des partenaires de tous horizons, car cela enrichit énormément l’expérience. Enfin, le lien entre les étudiant·es MISS est une vraie ressource : chacun a quelque chose à apporter aux autres, il ne faut pas hésiter à échanger et à s’entraider.

« L’entraide entre étudiant.e de la promotion a été de mon point de vue un réel appui concernant la recherche de stage. »

Je commencerais par dire à l’étudiant·e MISS qu’il faut s’y prendre assez en avance pour la recherche de stage pour ne pas se sentir submergé·e en Master 2. L’entraide entre étudiant·es de la promotion a été de mon point de vue un réel appui concernant la recherche de stage. 

La promotion à laquelle j’appartiens a connu quelques difficultés concernant la gratification des stages, mais pour ma part, je suis ravie de pouvoir effectuer un stage qui est en lien avec mon sujet de mémoire et qui me permet également d’être en lien avec la jeunesse. 


« Grâce à Mélissa, j’ai pu co-animer mon Focus Groupe au Groupe d’Entraide Mutuelle, le GEM Ado, comme je n’ai pas de lieu de stage physique, j’ai apprécié son aide et cette solidarité entre étudiante de MISS. »

Oui ! Grâce à Mélissa, j’ai pu co-animer mon Focus Groupe au GEM Ado. Ne disposant pas d’un lieu de stage fixe ou physique, j’ai vraiment apprécié son soutien : c’est un bel exemple de solidarité entre étudiantes du Master MISS. Nous avons également pour projet d’organiser une journée de restitution collective avec les acteurs de la santé mentale à Montauban. C’est plus motivant de porter ce type d’initiative à deux, et cela reflète bien la diversité des approches possibles au sein d’un même master, malgré nos sujets, publics et territoires très proches.

« Je suis reconnaissante que Julie m’est mis en contact avec l’animateur socio-culturel du GEM Ado pour mon stage, cette entraide m’a touché ! »

Tout d’abord, je tiens à remercier Julie, grâce à qui j’ai pu entrer en contact avec le Groupe d’Entraide Mutuelle pour adolescent·es à Montauban, ce qui m’a permis de réaliser mon stage de fin d’études. Dans cette même démarche, Julie animera un focus groupe au sein de ma structure de stage pour soutenir ses travaux. Ces différentes initiatives témoignent de l’entraide et de la coopération qui caractérisent notre programme de Master MISS. Avec Julie, nous prévoyons également d’organiser une journée de restitution ensemble, réunissant nos différents interlocuteurs, car nos sujets, bien que similaires, comportent aussi des spécificités.